Les ouvrages de
Roger SECRÉTAIN :

PÉGUY Soldat de la vérité

A PARAÎTRE :

Sagesse du pessimisme

Destins du poète

Ceux qui ont éclairé nos chemins

Lettre à une voyageuse

Journal de Lausanne

ÉDITIONS ANCIENNES :

Saint-Jean du ciel

Orléans

Jeanne d'Arc ou la vocation de Péguy

Quand montait l'orage

Un Sculpteur Maudit

Un Printemps

Chroniques I

Chroniques II

Chroniques III

Chroniques IV

Chroniques V


Les livres non encore lus exercent un attrait irrésistible : ils promettent ce qu’on attend et que, cette fois on n’oubliera pas. Lire, relire, oublier encore. Je ne songe pas sans détresse à tout ce qu’en mourant je n’aurai pas lu et plus encore à tout ce qui dort de sagesse inutile, de folie admirable dans les œuvres de l’humanité, que les contemporains ont négligé et que la postérité abolit dans son indifférence.

" Sagesse du pessimisme ” Décembre 1976



Poète chrétien, prosateur inspiré, moraliste pamphlétaire, doctrinaire social, chroniqueur exaltant, métaphysicien de l’histoire, voilà Péguy. Tous ces titres s’inclinent pourtant devant la hauteur du caractère. Son caractère s’est mis en travers de toutes ses carrières possibles pour le sauver du péché mortel de réussite et de soumission. Beaucoup moins que la vue d’une république assainie et d’un christianisme régénéré, sa doctrine est sa propre histoire mentale. Quel est le vrai Péguy, dit-on : le premier, le second, le dernier ? Ils sont tous vrais. Que cet ancien athée, que cet antimilitariste quaker et tolstoïen ait fait un adorateur de la Vierge et le plus grand claironneur de patriotisme après Déroulède (le génie en plus, bien entendu), n’est scandaleux que pour les dogmatismes de l’intelligence. Le jour de la mobilisation, résumant son paradoxe dans une boutade sérieuse, il disait que, pour mettre d’accord le républicain et le réactionnaire qui étaient en lui, il crierait alternativement. « Vive la République et Montjoie saint Denis ! » Au-dessus des doctrines et des méthodes, sans détourner son regard du bien essentiel, il a mené une action de vie positive. Il tamisait. Peu de chose passait dans son tamis.
Du côté des déchets abominables, restaient les franc-maçonneries de l’arrivisme, les cléricalismes dominateurs, tout ce qui, sous les apparences de la pureté et de l’héroïsme, n’est que paresse ou purulence. Par sa bouche retentissait partout contre les tièdes la parole de l’ange de Laodicée. On l’a comparé aux grands caractères indépendants de l’histoire, aux réveilleurs d’énergie et de conscience : Jeanne d’Arc, Luther, Saint-Cyran, Lamennais. J’ajouterais volontiers saint Paul et don Quichotte. Il était tout cela. Il était surtout lui-même. Cet homme à contradictions et à ruptures fait une belle image d’unité et de plénitude.
On ne saurait pourtant s’en tenir au caractère. Péguy apporte un paquet d’idées qui n’est pas encore déballé sur la place publique, mais sur lequel nous avons commencé de vivre. Son témoignage de moraliste vaut comme un bilan de la France et je crois qu’il termine bien ce XIXe siècle, dont l’agonie s’est prolongée jusqu’en 1914. Moins qu’un prophète des temps futurs, on pourrait faire de lui le comptable d’une époque. Nos vingt ans d’armistice apparaissent aujourd’hui comme une sorte de marais où l’Europe en mal d’humanisme a déplorablement pataugé. L’année 1939, en même temps qu’elle marquait le 150e anniversaire de la Révolution française a clos une phase historique dont Péguy a été le liquidateur. Il a désenchevêtré les grands problèmes : histoire et sociologie, morale et politique, connaissance et vie. Il a rompu des liaisons hypocrites. Il a entrepris une énorme besogne de nettoyage que la guerre de 1914 a retardée et qui commençait seulement, au cours des années troubles que nous avons connues, à porter ses fruits dans quelques cervelles. Il a délivré les hommes des positions de fausseté où les paralysaient des dogmatismes sectaires. Il a travaillé, sur un plan très périlleux, où nul ne pouvait alors le suivre, que nul ne pouvait même apercevoir, à rallier les chrétiens aux formes républicaines et révolutionnaires. Il a voulu réconcilier sa République, noyée dans les bassesses électorales, avec une morale de sévérité, comme il a rêvé de réconcilier l’Eglise avec le Christ. Il a voulu faire les deux, les dix, les cent révolutions qui tiennent dans ces trois mots : la révolution morale.

Extrait de l'avant-propos de " Péguy Soldat de la vérité “

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